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Appel à communication

 

Organisation et responsabilité scientifique : Vincent Rollin (ELLIADD, UMR LIRE)

 

Comité scientifique : Jean-Christophe Branger (CRULH), Xavier Bisaro (CESR), Rémy Campos (CNSMDP/CMBV), Jacques Cheyronnaud (Centre Norbert Elias), Katharine Ellis (Bristol University), Étienne Jardin (Palazzetto Bru Zane), Pascal Lécroart (ELLIADD), Alban Ramaut (UMR LIRE)

 

 

Au carrefour de diverses disciplines (musicologie, arts du spectacle, littérature, liturgie, pratiques cultuelles de l’Église catholique), nous nous proposons d’examiner la tension sacré/profane au prisme d’une interrogation réciproque des pratiques musicales « d’église » et « de théâtre », c’est-à-dire en considérant l’église/Église et ses cérémonies 1o comme lieux et pratiques chargés d’une théâtralité endogène ou importée, et 2o tels qu’ils sont représentés au théâtre – plus particulièrement lyrique – et susceptibles d’innerver l’univers de la scène.

Le sujet de ce colloque visant à l’étude des pratiques musicales d’église dans leur dimension théâtrale – qu’elle soit endogène ou héritée du modèle du théâtre lyrique –, constitue le deuxième acte de l’élan de recherches suscité par le colloque « Musique et pratiques religieuses en France au xixe siècle » tenu à Paris les 20 et 21 mars 2014[1]. Son contre-sujet, l’esthétique et les pratiques du théâtre lyrique quand il convoque sur scène les cérémonies et chants de l’église, est en quelque sorte la reprise des travaux menés sur les rapports entre Opéra et religion sous la IIIe République[2]. Et son cantus firmus, la tension sacré/profane dans la musique et les arts, a déjà formé l’intrigue principale de l’ouvrage Musique, art et religion dans l’entre-deux-guerres[3].

Dans le contrepoint de ces réflexions seront privilégiées les communications qui interrogent :

-          la dimension théâtrale des cérémonies catholiques, dans leurs liturgies et dans leurs fonctions cantorales et musicales, usuelles comme extraordinaires ;

-          la dichotomie acteur/public, les scènes, les scénarios et dramaturgies des cérémonies religieuses, notamment quand elles convoquent la musique ;

-          la porosité des répertoires, acteurs et pratiques de la musique « d'église » à ceux et celles « de théâtre », voire plus généralement « du spectacle » ;

-          l’introduction du théâtre, voire du concert, et de  leurs répertoires et rituels dans l’espace ecclésial ;

et, par réciproque :

-          les enjeux et modalités de la représentation ou évocation au théâtre (notamment lyrique) des cérémonies catholiques, de leurs liturgies et chants religieux (citations, situations dramatiques, personnages, mise en scène, décors) ;

-          la censure et l'autocensure au regard de la représentation du culte sur la scène lyrique (au risque de l’outrage aux bonnes mœurs et à la religion) ;

-          le modèle esthétique qu’offre la liturgie pour les hommes de lettres et de théâtre, en particulier sous l’influence du décadentisme et du symbolisme.

Aussi centrales l’église, la messe et les liturgies sacramentelles soient-elles, nous invitons les contributeurs à élargir leurs réflexions à d’autres scènes (cimetière, chemin de croix, espace public), scénarios (adorations, processions) et acteurs (prédicateurs, militaires, représentants de l’État) des cérémonies de l’Église. De même, si l’art musical dans toutes ses modalités (voix parlée et chantée, accompagnement, musique instrumentale) est au cœur de nos réflexions, l’interrogation des autres dimensions du spectacle (mise en scène, jeu d’acteur, décors, à l’église comme au théâtre) ne saurait être négligée.



[1]     Actes à paraître, sous la direction d’Amélie Dubreuil-Porret, Fanny Gribenski et Vincent Rollin.

[2]     Branger, Jean-Christophe et Ramaut, Alban (dir.), Opéra et religion sous la IIIe République, actes du colloque organisé dans le cadre du 7e Festival Massenet de l'Esplanade-Opéra de Saint-Étienne, les 7 et 8 novembre 2003, Saint-Étienne : Publications de l’Université de Saint-Étienne, 2006 (coll. « Travaux / CIEREC », « Musicologie-Cahiers de l’Esplanade »).

[3]     Duchesneau, Michel et Caron, Sylvain (dir.), Musique, art et religion dans l’entre-deux-guerres, Lyon : Symétrie, 2009 (coll. « Perpetuum mobile »).

 

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